In the Air


In the Air

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De Jason Reitman
Avec Georges Clooney, Anna Kendrick, Jason Bateman

Titre original : Up in the air


Durée : 1h50

Long-métrage américain


Sortie le 27 janvier 2010

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Depuis quatre ans, Jason Reitman dynamite le genre de la comédie américaine. Posant de véritables bombes sur le cinéma américain, il s’attache à retracer la vie de personnages pas spécialement sympathiques au premier abord, à l’image de Nick Naylor dans Thank you for smoking ou de Juno, en 2008. Son troisième film, In The Air, est une adaptation du roman de Walter Kim racontant la vie de Ryan Bigham. Spécialiste du licenciement passant sa vie dans les aéroports, ce dernier va voir sa vie bouleversée par deux femmes : la première dont il tombe amoureux et la seconde, nouvelle recrue de son entreprise. Dénichant de véritables licenciés pour les scènes adéquates, tournant dans de véritables aéroports, Reitman apporte, comme à son habitude, un réalisme bienvenu dans ses films. Offrant à Georges Clooney (étonnant) son meilleur rôle face à Vera Farmiga (décidément formidable après Esther) et Anna Kendrick (transfuge de Twilight), il dépeint les valeurs d’un homme se retrouvant à la quarantaine face à son destin. Sans jamais édulcorer les choses, tantôt amère ou cynique, In the Air est une comédie hilarante, en même temps qu’une excellente critique sociale évitant brillamment le piège des sentiments et de la séduction. Devenant attachants, tous les personnages prennent une réelle épaisseur dans une mise en scène bien sentie (la confrontation entre les envies respectives des deux femmes). Avec, en plus, une sublime bande originale et un scénario très bien écrit, la nouvelle pépite de Jason Reitman négocie à merveille son atterrissage et nous propose un vol réussi, où l’on ne craint jamais le jet-lag.

4*/5

(Film vu en avant-première le 26/01/2010)

La Route


La Route

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De John Hillcoat
Avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Guy Pearce

Titre original : The Road


Durée : 1h59

Long-métrage américain


Sortie le 2 décembre 2009

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Adapter le prix Pulitzer 2007, La Route, roman de Cormac McCarthy, relevait du défi absolu, tant l’œuvre avait suscité une réelle émotion et surpris par le dénuement et la puissance de ses descriptions. Alors, comment toucher cette grâce, tout en gardant sa propre identité de cinéaste ? Défi relevé par John Hillcoat, sortant également son premier film, western flamboyant, The Proposition, en décembre. Engageant Viggo Mortensen dans le rôle-titre, il renoue avec l’atmosphère trouble du livre et filme de réels paysages de désolation. La quête perdue de ce père et de son fils (Kodi Smit-McPhee, sensationnel) devient un road-movie perturbant, déroutant, dans une ambiance glauque et désespérée. Face à Charlize Theron et Robert Duvall, ce duo inédit recherche une humanité perdue, sans se rendre compte qu’eux-mêmes commencent à la laisser s’envoler (poignante scène avec le vagabond noir ou le vieil homme). Certes, le film a ses imperfections, ses défauts : pour assister à une avalanche d’effets spéciaux, d’explosions en tout genre, il fallait apprécier 2012, ici, tout est réduit au minimum, les ruines et le chaos ont pris le pas sur la vie. Malgré tout, jamais La Route ne tombe dans une lenteur exténuante, ménageant des moments de suspense étonnants et reposant sur des rebondissements pressentis. En montrant ce qui subsiste dans la pire des situations, Hillcoat signe un long-métrage à hauteur d’homme où l’espoir prédomine sur la terreur.

4*/5

(Film vu le 25/01/2010)

Où sont passés les Morgan ?


Où sont passés les Morgan ?

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De Marc Lawrence (II)
Avec Hugh Grant, Sarah Jessica Parker, Elizabeth Moss
Titre original : Did You Hear About The Morgans ?

Durée : 1h45

Long-métrage américain


Sortie le 20 janvier 2010

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Marc Lawrence réalise des petits films un peu niais, sans prétention, comme dernièrement Le Come-Back et L’Amour sans préavis, où Hugh Grant officiait déjà. Le scénario de son dernier-né, Où sont passés les Morgan ?, laissait espérer une chance de renouvellement ou de situations plus cocasses qu’à l’accoutumée. Un couple au bord de la séparation se retrouve témoin d’un meurtre. Poursuivis par un tueur à gages, ils sont envoyés en isolement à Ray, une ville perdue dans le Wyoming, les obligeant à vivre à nouveau sous le même toit. Idée de départ plutôt incongrue sombrant rapidement dans la médiocrité, malgré l’abattage du couple Hugh Grant/Sarah Jessica Parker. Assez mal assortis, ils font à peu près tout et n’importe quoi dans un film enchaînant les clichés, notamment dans une galerie de personnages hautement improbables. Prévisible dans son évolution, mais aussi dans son dénouement (on devine même le côté pochette surprise du final), le film ne nous arrache que quelques sourires dans des situations amusantes (Hugh Grant face à un ours) ou dans les mimiques habituelles du même en plein cabotinage. Bon, c’est bien beau la détente, mais tu recommences à être comédien dans combien de temps, Hugh ?

2*/5

(Film vu le 24/01/2010)

Gainsbourg - (vie héroïque)


Gainsbourg - (vie héroïque)

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De Joann Sfar
Avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Laetitia Casta


Durée : 2h10

Long-métrage français


Sortie le 20 janvier 2010

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Pour un film attendu, on peut dire que l’on trépignait d’impatience pour Gainsbourg - (vie héroïque). A grands renforts de promotion télévisée, radiophonique, de bandes-annonces projetées au moins deux fois avant les séances, autant dire que le conte de Joann Sfar promettait monts et merveilles. Sauf que … la déception est grande après le visionnage de cette vie héroïque. Mais ne jetons pas la première pierre à un tout jeune réalisateur, créateur du Chat du Rabbin, ayant choisi l’un des sujets et des genres les plus casse-gueules au cinéma : un biopic sur Gainsbourg. Acteur parfait (Eric Elmosnino, confondant), excellentes idées (la Gueule de Gainsbourg, apportant un univers et une drôlerie imprévus), thématique en or, alors que manque-t-il à ce film pour nous faire décoller de notre siège, rêver, entrer en symbiose complète avec l’histoire qui nous est narrée ? Sûrement ce petit côté entre deux chaises qui, au fil du long-métrage, finit par agacer. Les trente premières minutes sont les plus intéressantes, bien dialoguées, avec des scènes très fortes (la première partition jouée au piano, Gainsbourg allant chercher son étoile). La suite n’est qu’une succession d’épisodes de sa vie plus ou moins bien traités, où soit la scène est trop longue (celle chez Gréco est interminable), soit totalement bâclée (celles avec Bambou et France Gall en sont une illustration). Les seconds rôles sont parfois à côté de la plaque : Mylène Jampanoï (Bambou) est inexistante, quant à Sara Forestier (France Gall), elle est parfaitement ridicule. Heureusement que Laetitia Casta et Lucy Gordon sont deux très belles surprises, donnant à leurs passages une réelle impression de légèreté et de maîtrise. Enfin, où est passée la musique ? Pour un Comic Strip, une Javanaise esquissée, un Aux Armes etc., le répertoire de Gainsbourg devient bien pauvre tout à coup. Pourtant, voilà bien un film que l’on aurait aimé aduler et que l’on se contentera d’apprécier le temps d’un long-métrage de plus. Sans rancune.

3*/5

(Film vu le 24/01/2010)

Vincere


Vincere

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De Marco Bellocchio
Avec Giovanna Mezzogiorno, Fillipo Timi, Fausto Russo Alesi

Titre original conservé


Durée : 1h58

Long-métrage français, italien


Sortie le 25 novembre 2009

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L’Histoire mondiale nous a, bien souvent, caché des choses, anodines ou plus graves, personnelles ou universelles. Dans la vie de Mussolini, deux femmes avaient une place : son épouse légitime et Ida Dalser, reconnue, désavouée, puis internée de force. Mère du fils de Mussolini, abandonnée toute entière à un homme qui l’utilise, elle n’aura de cesse de clamer son statut pour enfin donner à son enfant la reconnaissance qu’il mérite. A contrario du Ruban blanc de Michael Haneke, Marco Bellocchio surcharge sa mise en scène d’effets divers et variés : inscriptions en gros caractères, expositions futuristes, grandes scènes de propagande, l’écran de cinéma est la fresque géante d’une reconstitution grandiloquente. Quasiment filmé sans couleur, dans les profondeurs de la nuit, dans le dénuement le plus total ou dans l’aliénation d’un hôpital psychiatrique, Vincere (« Vaincre ») repose sur une perception aigue de la réalisation, ainsi que sur une histoire aussi tragique que bouleversante, magistralement interprétée par deux comédiens épatants. D’un côté, Giovanna Mezzogiorno, sublime du début à la fin, éprouvée, suivie par l’ombre de la véritable Ida Dalser, arrachant des larmes dans sa plus grande détresse. De l’autre, Filippo Timi, un Mussolini adulte et adolescent exceptionnel, à la fois terrifiant et charismatique. Allant jusqu’à donner son âme pour un homme qui l’oublie et la renie, Ida Dalser a eu le destin d’une grande amoureuse littéraire ou cinématographique, aujourd’hui ressuscitée par la somptuosité de ce film.

4*/5

(Film vu le 18/01/2010)

Invictus


Invictus

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De Clint Eastwood
Avec Morgan Freeman, Matt Damon, Scott Eastwood

Titre original conservé


Durée : 2h12

Long-métrage américain


Sortie le 13 janvier 2010

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Clint Eastwood est un cinéaste en état de grâce permanent. Après les sublimes Million Dollar Baby, L’Echange et Gran Torino, son nouveau pari reposait sur la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud. A l’image de Woody Allen, c’est désormais à un film par an que nous convie le réalisateur. Prolifique et toujours irréprochable, voilà la définition qui pourrait coller à Eastwood. Évitant de s’attarder sur tout l’après-Apartheid, il s’attache surtout à Nelson Mandela, libéré après vingt-sept ans d’emprisonnement et à son idée magique pour réunifier son pays : remporter le Championnat du Monde de rugby. Stupéfiant de mimétisme, Morgan Freeman entre dans la course aux Oscars avec le rôle de l’ex-président sud-africain (rôle que Mandela, lui-même, souhaitait le voir interpréter) face à un Matt Damon, remis de ses frasques aux côtés de Steven Soderbergh, épatant en capitaine de l’équipe nationale. Alors, bien sûr, la sensiblerie, la niaiserie et même l’ennui pour les allergiques au rugby pourraient faire partie intégrante du film, pourtant, il n’en est rien. En permanence émouvant, poignant, sans jamais tirer sur la corde sensible du spectateur, Invictus analyse simplement les choses, sans manichéisme ou ton moralisateur. Voir un peuple se soulever pour une cause, une réunion au sein du stade, des images de joie et de liesse pour final, donnent une chair de poule bien légitime à tout être ayant gardé en lui une parcelle d’humanité. Encore un nouvel essai marqué pour Clint Eastwood.

4*/5

(Film vu le 14/01/2010)

L'Homme de chevet


L'Homme de chevet

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De Alain Monne
Avec Sophie Marceau, Christophe Lambert, Margarita Rosa De Francisco


Durée : 1h33

Long-métrage français


Sortie le 18 novembre 2009

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Il y a dans L’Homme de chevet d’Alain Monne des fulgurances d’authenticité, des regards qui en disent long, une vision alerte de la tétraplégie, deux acteurs dont la complicité n’est plus à prouver, bref, un cocktail subtil et émouvant. Dans la rencontre entre Léo, ex-champion de boxe à la recherche d‘un travail, et Muriel, handicapée moteur, il y a surtout Christophe Lambert et Sophie Marceau, couple à l‘écran comme à la ville, intenses et investis, face à un sujet difficile. Difficile, mais aussi surchargé d’une double intrigue assez vaine, cassant le rythme d’un film bancal, ayant fermé ses volets et ne voulant plus laisser entrer quelconque lumière. Touchant dans sa démarche, traitant de l’infirmité avec subtilité, Alain Monne fait de l’adaptation du livre d’Eric Holder, une simple illustration des faits, un constat personnel. Il faudra une laborieuse heure et demie pour ramener le film à l’essentiel : les échanges entre les deux protagonistes, habile mélange de délicatesse et d’humour. Comme Sophie Marceau renaît à la vie, le long-métrage déploie ses ailes un poil trop tard, n’évitant pas de se brûler au feu du conventionnel et du désuet.

2*/5

(Film vu le 11/01/2010)